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2 janvier 2012 1 02 /01 /janvier /2012 20:41

NOTE : Ce texte a été écrit il y a quelques années. Ma situation a quelque peu changé (à savoir que je ne manque de rien aujourd'hui, sur les sujets qui me préoccupaient ci-dessous) :

 

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Il semble évident que la polygamie n’est pas compatible avec notre monde moderne car dès que l’on souhaite instaurer un fonctionnement égalitaire, ce concept devient obsolète, inapplicable.

 

Pourtant, inconsciemment, l’homme ne considérera jamais la femme comme son égal, ou alors dans longtemps. La femme pourra être un complice en toute occasion comme le serait un homme à sa place, elle pourra échanger d’égal à égal avec un homme et rien n’est plus normal. Pourtant, existera toujours ce moment où la femme redevient un objet aux yeux de l’homme, qui la regardera, la sentira, la désirera souvent ; comme une chose.

Et finalement, quelle belle victoire que d’avoir réussi à faire culpabiliser un homme qui désire une autre femme que la sienne. Un homme qui ne peut plus rêver de ce qu’il veut, ne peut plus imaginer ce qu’il veut ou même simuler le fait qu’il imagine (trop abstrait ?) devient doux comme un agneau et ne pourra pas, à moins de tourner le dos à sa conscience, tromper sa femme à quelque niveau que ce soit.

Bien sûr, les enfoirés auront toujours le rôle le plus facile, étant capables de mentir sans jamais faillir, ils maintiendront leur réputation d’homme fidèle tout en jouissant d’une liberté extrême dès lors qu’ils sont sortis du domicile conjugal, pour certains synonyme de garçonnière quand ils n’ont pas les moyens d’en avoir une attitré en plein centre-ville.

Enfin, même si leur situation est fortement enviable (d’un point de vue pratique, pas moral !), on ne peut décemment pas la prendre en référence et encore moins en idéal.

Alors, excepté ce cas malheureusement répandu, que nous reste-t-il de rattrapable. Des hommes amoureux ? Trop amoureux ?

Je suis certain qu’il est impossible de concentrer ses sentiments à un seul endroit tout au long d’une vie, et celui qui me convaincra du contraire n’est pas encore né (celui qui y croira non plus, je pense).

Comment faire pour réfréner tous ces sentiments présents en chaque homme tout au long de sa vie sans perdre sa santé mentale ?

Mon jeune âge m’empêche de répondre à cette question, et je le regrette. Concernant ce sujet, je navigue à vue et je l’assume. Je ne me prépare pas à déraper, je ne m’y résigne pas mais je sais que c’est une possibilité. Est-ce déjà un signe de l’inéluctabilité de la chose ? Je ne l’espère pas. Car malgré ma condition inévitablement humaine, je me bats pour tenter de considérer les femmes autant que les hommes. Aussi, mon comportement n’influencera pas que ma vie, mais aussi celle de la demoiselle qui compte aujourd’hui pour moi.

 

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30 décembre 2011 5 30 /12 /décembre /2011 00:01

NOTE : Ce texte a été écrit il y a quelques années. Ma situation a quelque peu changé (à savoir que je ne manque de rien aujourd'hui, sur les sujets qui me préoccupaient ci-dessous) :

 

Parlons de moi. Quoi ? C’est déjà fait ?

Ce que je veux dire c’est que pour ce sujet en particulier, il ne me semble pas possible d’atteindre une universalité suffisante pour énoncer des principes généraux. Aussi je ne prétends maîtriser que mon exemple personnel, et encore même pour moi, certains passages restent plein d’incohérences, vous allez comprendre.

 

Tout d’abord, et voilà que je me contredis déjà, il est une chose terrible spécifique aux hommes qui est ce que l’on pourrait appeler l’Amour Instantané. Il s’agit d’un phénomène (sûrement parfaitement explicable chimiquement) qui pousse l’homme à littéralement tomber amoureux "à chaque coin de rue". Un regard, un sourire ou un parfum le fera chavirer sans que la femme concernée ne ressente quoi que ce soit de différent.

Il semble qu’aucune situation ne puisse enrayer cette réaction. Célibataire ou marié, sans enfant ou avec une famille nombreuse, pauvre ou riche, beau ou laid, l’homme ne peut pas échapper à ce phénomène qui engendre systématiquement des sentiments contraires (on comprendra aisément qu’il ne soit pas possible de déclarer sa flamme dix fois par jour) pour permettre de conserver un semblant de vie normale et totalement équilibrée.

Les goûts sont très disparates, les envies diffèrent d’un homme à l’autre, pourtant tous découvre une multitudes de femmes correspondant à leur idéal (ou du moins s’en rapprochant), en tout cas des femmes qui seraient susceptibles de faire d’eux des hommes heureux. Ils pourrait l’être, d’ailleurs, autant que l’on peut l’être, qu’ils ressentiraient toujours cette attirance pour quelque femme qu’il croiserait au hasard d’un voyage en train, ou d’un ascenseur pris à deux.

 

Ceci n’est en rien une excuse à l’infidélité mais une explication. Les hommes peuvent-ils rester fidèles tout au long d’une vie ? Pas tous, si ce n’est aucun.

L’homme fidèle peut être comparé à un prêtre faisant vœu de chasteté. Les deux situations ne sont pas si éloignées l’une de l’autre. La tentation est toujours là et l’interdiction toujours plus présente dans les têtes. Rien ne peut tout à fait combler le manque à part aller à l’encontre de sa décision.

Et là où les choses sont inéluctables, c’est qu’un homme infidèle le sera toujours alors qu’un homme fidèle ne le sera vraiment qu’à sa mort. Et pour qui ? Seul lui saura alors qu’il n’a jamais fauté, jamais menti. Voilà ce qui s’appelle partir avec la conscience tranquille.

 

Attention, je ne veux pas faire l’apologie de l’infidélité. Simplement, plus je me penche sur le sujet, plus je pense que l’homme est polygame par nature et que l’évolution de la société telle qu’on la connaît, égalitaire et fraternelle, l’a rendu monogame.

 

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27 décembre 2011 2 27 /12 /décembre /2011 00:01

NOTE : Ce texte a été écrit il y a quelques années. Ma situation a quelque peu changé (à savoir que je ne manque de rien aujourd'hui, sur les sujets qui me préoccupaient ci-dessous). Et puis, puisqu'il s'agit de ça, mon boulot à changé surtout, et c'est pour le mieux, comme vous pourrez le voir :

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Ah, solidarité quand tu nous tiens.

Comprenez bien, il faut apitoyer dans les chaumières sans devoir dormir devant nos portes. Aussi finalement, on préfèrera être pauvre et malade, voire handicapé, que pauvre tout court. La solidarité devient alors un mot que tout le monde comprend et l’argent coule à flots pour aider aux soins des pauvres malades.

Quiconque aura des notions de base en mathématiques comprendra très bien ce phénomène qui se résume à cela : "moins par moins égal plus"

La responsabilisation et la morale empêche toute demi-mesure : On pleurera sur la vie d’un enfant pauvre, ou d’un malade pauvre en négligeant un simple pauvre ; On plaindra un nain en se moquant de quelqu’un d’un peu trop petit ; On soignera un obèse en mettant au ban de la société celui qui néglige sa ligne ; etc.…

La nature humaine est ainsi faite. Solidarité oui, mais on se sent toujours mieux quand se trouve à ses côtés quelqu’un qui va plus mal que soi. Et si on nous impose ou nous inculque une morale, alors cela se reportera sur un autre mal, sur un moindre mal.

On se sent concerné ? On pense toujours être un chic type parce qu’on donne son billet au Téléthon tous les ans ?

Savons-nous que le respect et la dignité ne s’achètent pas ? Ne nous est-il pas possible, à défaut de donner de l’argent, de montrer de la sympathie aux nécessiteux (terme inventé pour amoindrir la notion de pauvreté. Voir non-voyant pour aveugle, personne de petite taille pour nain et délinquant sexuel pour pédophile et violeur) ?

Il peut être appréciable, voire nécessaire, de se savoir vivant pour quelqu’un d’autre que soi lorsque l’on a plus de biens propres ou de logement ou encore l’assurance d’être vivant le lendemain matin parce que le thermomètre est susceptible de descendre sous zéro pendant la nuit.

 

Si j’osais….allez, j’ose : Voici une formule qui pourrait être celle de n’importe qui prétend s’inquiéter de la misère du monde sans pour autant considérer qu’il y peut quelque chose mais que chacun doit « voir midi à sa porte » :

 

"si tous les pauvres se donnaient la main, ils n'auraient plus besoin de moufles"

 

Mais qui puis-je espérer convaincre alors que moi-même je suis incapable de me montrer humain auprès de mes semblables ?

Gardons un peu d’espoir en imaginant que si un seul d’entre nous, un jour, se décidait à se pencher vers une personne faisant la manche, pas pour mettre négligemment une pièce dans sa casquette ou sa boîte, mais pour lui parler, faire connaissance ou l’inviter à prendre un café, tous ceux qui se trouve auprès de lui en cet instant solennel se sentiraient morveux de n’avoir oser être le premier et seraient sûrement tentés de faire la même chose, en réalisant que ceux qui dorment dans des cartons ou sur des aérations du métro sont avant tout des hommes et des femmes qui ont le droit de vivre à défaut d’avoir celui de se loger ou de manger à sa faim.

 

Voilà qui est peut-être mielleux et plein de bon sentiments mais ça ne l’est que parce que personne ne fait quoi que ce soit pour que cela devienne une réalité. Enfin j’exagère un peu, reprenons ce dernier point : Ceux qui font quelque chose pour que cela change ne sont pas assez nombreux. Et de toute façon, personne ne s’intéresse à ce qu’ils font.

Oups, je crois que j’ai laissé échapper la notion d’espoir qui devait clore le sujet.

 

 

 

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23 décembre 2011 5 23 /12 /décembre /2011 00:01

NOTE : Ce texte a été écrit il y a quelques années. Ma situation a quelque peu changé (à savoir que je ne manque de rien aujourd'hui, sur les sujets qui me préoccupaient ci-dessous). Et puis, puisqu'il s'agit de ça, mon boulot à changé surtout, et c'est pour le mieux, comme vous pourrez le voir :

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Vous avez des doutes ? Alors combien de fois le mois passé avez-vous croisé une personne faisant la manche. 5 fois, 10 fois ? 10 fois plus pour les parisiens ? Et sur ces 50 fois – sur un trottoir, dans les transports, devant la porte d’un immeuble, à un feu rouge – combien de fois avez-vous donné au moins une pièce ? 1 fois ? 2 fois pour les plus dépensiers ? aucune pour la plupart ?

Et depuis quand ne cherchez-vous même plus d’excuse pour ça ? Vous savez : « Il fait partie d’un réseau et comme ça ils amassent un paquet de fric » ou « De toute façon, il va s’en servir pour acheter de l’alcool » ou encore « Il ne sait même pas parler français et il vient dans nos rues nous demander de l’argent ? ».

Vous vous souvenez les avoir dites ses phrases ? Ou au moins les avoir pensées. A ce niveau-là je ne sais pas si il existe vraiment des gens différents des autres. Il est vrai qu’il faut prévoir une sacrée monnaie pour donner à tous ceux qu’on peut croiser dans une journée…mais rien n’empêche de le faire sur plusieurs jours. Combien pourrait coûter de donner une fois par mois 1 ou 2 euros à certains que l’on croise ? Est-il possible que la notion de "budget de solidarité" voit le jour ? Pourquoi pas accoler à la tirelire pour l’argent des vacances, une seconde pour les SDF qui vivotent sur le chemin du boulot ?

Sacrifiez un resto par mois, ou deux DVD, ou encore utilisez vos pieds plutôt que de faire 500 mètres en voiture matin et soir pour aller chercher les enfants à l’école ou aller à la gare.

Je ne parlerai même pas du budget cigarettes des fumeurs qui à lui seul permettrait à l’échelle mondiale d’éradiquer la pauvreté.

Et puis au final, si ces personnes arrivent à vivre, décemment, en passant 10 à 12 heures par jour à genoux ou assis par terre dans une gare ou sur un trottoir, ceci n’est-il pas plus méritant que de gagner sa vie à effectuer des copier-coller pendant 35 heures par semaine, le cul sur un fauteuil à l’ergonomie étudié ? Certes, aucune compétence requise, aucun antécédent nécessaire mais une patience à toute épreuve et une capacité à oublier son amour-propre tant le dédain des passants les pousse à se serrer sur le bord du trottoir pour ne pas approcher à mois d’1 mètre de l’outrecuidant qui parasite l’environnement en traînant ses guenilles et son manque d’hygiène jusque sous leurs yeux, qu’ils détournent par habitude.

 

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20 décembre 2011 2 20 /12 /décembre /2011 00:01

NOTE : Ce texte a été écrit il y a quelques années. Ma situation a quelque peu changé (à savoir que je ne manque de rien aujourd'hui, sur les sujets qui me préoccupaient ci-dessous). Et puis, puisqu'il s'agit de ça, mon boulot à changé surtout, et c'est pour le mieux, comme vous pourrez le voir :

Et voilà que je me cache. La tête vers mon écran, les yeux tentant de voir ceux qui pourraient m’observer tout autour. Car le danger ne vient pas d’un chef égaré, ou d’un chef venant aux nouvelles mais plutôt d’un collègue zélé qui plus que par son travail, sait se mettre en avant par un coup d’œil fuyant et une langue de vipère.

Une réputation est vite faite quand on ne vous demande pas votre version. Quoi que pour le coup, il serait difficile de trouver une explication qui satisfasse ledit chef.

Le stress monte, la tension est palpable à chaque pas dans son dos, chaque bruit de talon ou raclement de gorge qui serait le témoignage de la présence accusatrice d’un père fouettard de l’entreprise.

Mais où est passé ce bon vieil esprit d’entreprise vanté à qui mieux-mieux pour convaincre les chômeurs motivés ou les néo-diplômés idéalistes de devenir de mornes salariés sans éclat mais avec un esprit de groupe qui vaut tout l’or du monde ? A-t-il au moins existé ? Doit-on le craindre ou l’espérer ?

Car méfiez-vous de cette notion. Plus elle est mise en avant au sein d’une entreprise, plus les salariés sont vicieux et ambitieux, du moins certains. Et plus vous risquez de le devenir par mimétisme, évidemment. Une armée au garde-à-vous devant les généraux et qui se tire dans les pattes au moindre répit. Que les cochons avaient raison en disant que « tous les animaux sont égaux mais certains le sont plus que d’autres ». Cette idée a fait du chemin depuis lors et beaucoup s’accordent à dire (ou plutôt à penser et à taire) que ce sont eux qui sont plus égaux que les autres. Et quel est le meilleur moyen de le prouver ? Evidemment de montrer que les autres le sont moins qu’eux, et tant qu’à faire, dans le mauvais sens.

« Ouh, le dilettante ! Ouh, le retardataire ! Ouh, il a une vie sociale en dehors de l’entreprise ! Ouh, il est trop diplômé pour travailler avec nous ! Ouh, il se croit supérieur à nous montrer qu’il l’est ! »

Et oui. Même devant l’évidence, la mauvaise-foi triomphe toujours.

Est-ce de la peur ? L’angoisse d’être celui qui n’est pas dans le rang ?

Il est surprenant de voir que lorsque quelqu’un, fatigué de sa situation, cherche à s’isoler du troupeau, il ne met pas longtemps à se trouver un successeur pour prendre la place laissée vacante. Beaucoup la veulent. On ne les entend pas parce qu’il ne veulent pas dépasser de leur case et pourtant ils sont si nombreux comparés aux quelques-uns qui s’égosillent vainement pour changer les choses.

La voilà peut-être la solidarité. Elle ne se trouve pas dans l’envie d’aider l’autre (ou alors anonymement, quand personne ne peut nous voir) mais plutôt dans le soin de ne pas interférer avec ses propres affaires et le laisser seul décider comme tout le monde.

 

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17 décembre 2011 6 17 /12 /décembre /2011 00:01

NOTE : Ce texte a été écrit il y a quelques années. Ma situation a quelque peu changé (à savoir que je ne manque de rien aujourd'hui, sur les sujets qui me préoccupaient ci-dessous). Et puis, puisqu'il s'agit de ça, mon boulot à changé surtout, et c'est pour le mieux, comme vous pourrez le voir :

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En tout cas, qui l’aurait crû, parler d’ennui m’occupe et fait passer le temps. L’ennui s’efface devant son expression. Pourtant tout ceci me limite. Plus j’y pense et plus je bloque. L’ennui m’occupe mais occupe toutes mes pensées. Je n’arrive à rien d’autre qu’à disserter sur son inutilité et son universalité. Partout où je regarde, je ne vois que lassitude des corps et des esprits comme si tout autour de moi se devait d’appuyer ma réflexion.

Le temps passe bien trop lentement pour me presser et je perds en efficacité. Mon travail ne s’en trouve pas lésé puisqu’il est inexistant passées les toutes premières heures de la journée, mais mon esprit s’enlise dans cette purée gluante composée pêle-mêle de morceaux d’images, de souvenirs et de temps en temps de grumeaux d’idées auxquels je me raccroche et dont je tente de tirer toute l’inspiration possible, chose qui m’embrouillera l’esprit pendant quelques jours et finira par me tenir en haleine pendant presque une journée où j’entrapercevrai furtivement le bout d’un tunnel qui n’existe que parce qu’on l’imagine, et qui s’apparenterait plus à un puits dans lequel on s’engage en espérant être capable de faire demi-tour si rien ne nous attend au fond. En supposant qu’il y ait un fond.

 

La recherche de travail s’avère infructueuse. En réalité, du travail, j’en trouve, pour les autres, mais cela ne m’occupe pas tellement plus que mes propres tâches, même en les cumulant. Je crois avoir atteint un point de non-retour à partir duquel mon cerveau ralentit progressivement pour atteindre le niveau général et ronronner gentiment comme le font tous les ordinateurs qui m’entourent. Ce seul bruit peuple la pièce. Aucun mouvement qui ne soit pas bien à propos devant son ordinateur, pas une parole, pas un son qui fausse cette harmonie électronique, pas même une odeur qui supplante la moquette et la cire pour le bois des bureaux.

Et ma présence, quasi immobile devant mon écran ne dénote plus depuis longtemps de cette forêt de bois mort, pourrissant à la lumière des néons, lumière trop vive que leurs yeux fatigués demandent plus douce dès 8h30. Visages endormis, bras amollis par le poids d’un travail inexistant.

L’ennui se lie au stress quand au hasard de pérégrinations ponctuelles, un chef s’égare et s’intéresse soudainement aux activités produites par ce petit monde. Il faut alors cacher ses occupations et trouver du travail que l’on a pas voire simuler une soudaine excitation professionnelle en cliquant follement de fenêtres en fenêtres ou en remuant des dossiers aux intitulés déjà partiellement effacés par le temps.

 

Combien de temps que je stagne dans ce cloaque, que je squatte une place qui n’est pas plus la mienne que celle de n’importe quel humain digne de ce nom ? Les journées s’accumulent au rythme des transports en commun et on ne différencie plus les jours de la semaine que lorsque la grande gueule d’à côté se félicite d’être en Week-end un jour avant les autres ou d’en être revenu un jour plus tard car elle s’ennuie un peu plus chaque soir pour profiter de journées entières à ne pas baver mollement sur la moquette usée, le cul sur un fauteuil de bureau usé, les yeux usés sur un moniteur usé en compagnie de collègues usés par la vie, l’absence de travail et la salle de fitness.

 

J’ai soudainement l’impression d’écrire un testament qui donnerait à chacun sa vérité en pleine tronche. Ca les occuperait au moins un peu. J’aurais apprécié un tel geste pour adoucir ma peine. A défaut j’écris pour m’occuper, j’écris pour attendre, j’écris pour oublier pourquoi j’écris. Difficile, hein ?!

Mon dieu que la mort semble loin quand on n’a rien à faire en l’attendant. Extérieurement je pourris, à l’intérieur je bous. Mon esprit additionne les idées de violence et d’amour dans un corps à corps qui me permet de fuir, ponctuellement, en vue de sauvegarder ma santé mentale mise à mal par une utilisation quasi nulle de mes capacités intellectuelles.

Mais comment diable certains peuvent subir cela depuis plusieurs décennies déjà sans avoir sauté par la fenêtre ou buté l’abruti du bureau d’à côté ? Je réalise avec stupeur que depuis deux ans je me fonds doucement dans la masse informe et amorphe des salariés, comme une énième pelleté de merde lancée négligemment sur le tas de fumier, non pas pour en améliorer l’odeur ou l’efficacité mais juste pour en augmenter la quantité.

Ne vaux-je pas mieux que ces crétins invertébrés pendant mollement au-dessus de leur clavier ? Serait-il possible que je reproduise leur comportement tout en les méprisant, me croyant supérieur au troupeau simplement parce que j’ai eu la force de lever les yeux de l‘herbe grasse et que je réalise que c’est la routine qui nous guide d’un pré à un autre. Je regarde, je dédaigne, je condamne même, et je suis. Qu’importe où va la foule, je suis le mouvement tout en le méprisant.

Mais que faire ? S’isoler en ermite jalousant les imbéciles heureux qui profite de leur inutilité sans s’en rendre compte ? Se poser en révolutionnaire, obligé à de douteux coups d’éclat pour qu’enfin son discours soit entendu ? Changer le système de l’intérieur, s’intégrer aux têtes pensantes censées sauver la société à coup de réformes aussi impopulaires que ceux qui les proposent ?

Et pourquoi pas ? Se glisser dans le flot (encore !) des partisans de tel ou tel parti susceptible d’obtenir le pouvoir pour donner sa vision personnelle de ce qui doit être fait. Et l’appliquer. Au moins la proposer.

Voilà toute la différence : On ne décide pas seul contre 60 millions, mais après un consensus. Alors il est difficile d’imposer une réforme à des cons en leur disant « Vous êtes des cons, laissez-moi faire. »

L’efficacité de cette démarche est à démontrer et je doute fortement de sa pertinence.

Finalement, ne faut-il pas plutôt reproduire à la tête de l’état ce qui fonctionne si bien en bas de l’échelle : Un niveau d’activité proche du néant pour une brochette de mollusques se contentant de cela. Il me semble que ce mode de fonctionnement a déjà été testé, non ?

 

L’ennui s’infiltre partout et plutôt qu’une vision globale qui n’est tout au plus qu’une synthèse facile d’une somme de petits exemples, il est peut-être bon de voir cela à un plus petit niveau.

La vision globale comme une organisation de petits projets, au sein des entreprises, des lieux de vie au centre des villes et villages. Une sorte de centre de la réforme adaptée : Dosons le temps de travail ici, retouchons les salaires là, diminuons les salariés ici pour les faire glisser là où leur compétences vont être nécessaires.

Idéaliste, hein ?

 

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13 décembre 2011 2 13 /12 /décembre /2011 08:11

NOTE : Ce texte a été écrit il y a quelques années. Ma situation a quelque peu changé (à savoir que je ne manque de rien aujourd'hui, sur les sujets qui me préoccupaient ci-dessous). Et puis, puisqu'il s'agit de ça, mon boulot à changé surtout, et c'est pour le mieux, comme vous pourrez le voir :

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En ce moment je découvre le pire ennemi de l’homme de bureau : le fauteuil à dossier réglable. Malheureux travailleur qui laisse négligemment le dossier en position souple et qui s’affaisse, inexorablement, pour ne bientôt plus atteindre le clavier à l’exception d………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………… auquel il essaye de se raccrocher pour reprendre pied.

 

La lassitude tue même les plus téméraires qui ont cette impression inamovible que tous sans exception à part lui trouvent qu’il est vraiment difficile de facturer un client sur ce nouveau tarif, avec ce nouveau matériel et ce nouveau logiciel ; qu’il est impensable de réussir à continuer de faire ce travail en nombre aussi restreint 7 heures par jour mais personne ne donnera de son temps, même contre un coup de pouce salarial, pour aider l’entreprise qui n’est finalement qu’un gros machin dont on ignore la réelle utilité et qui nous digère doucement. Ou plutôt, nous l’aidons à digérer comme une sorte de flore intestinale, coincé entre un état de parasite et une symbiose à l’équilibre bien fragile.

 

On ose pas s’investir dans la vie d’entreprise de peur d’être marginal au sein des délateurs, des profiteurs ou simplement de ceux qui se plaignent, constamment, de tout ce qui peut exister de plus quelconque et vain dans ce bas monde. Et en tant que spectateur de ce psychodrame de quartier, celui qui profite, qui relativise, peut-être même qui aime son travail, se demande s’il est tout à fait normal ou du moins tout à fait à sa place.

Ma vie doit-elle se résumer pour toujours à ce flot incessant d’âneries en tout genre entre le siège qui gratte, la moquette pleine de puces, la souris qui se bloque pour un oui ou pour un non, l’ordinateur trop lent, les messages trop rapides, et ce stress qui plane au-dessus des braves travailleurs, obligés de se bourrer de yaourts au Bifidus Actif le midi à la cantine pour éviter les aigreurs d’estomac et pourquoi pas un ou deux ulcères avant même l’âge de la retraite qui semble toujours plus s’éloigner à mesure qu’on s’en rapproche, phénomène probablement dû plus à une presbytie aggravée qu’à une fatigue psychologique ?

 

Aujourd’hui mon regard attentif espère se poser sur quelqu’un qui partage mon ressenti en cet endroit où semble se cristalliser tout ce qu’il y a de plus vil dans l’âme humaine.

Et j’enrage de me dire que dans d’autres circonstances où le travail eut été aligné sur les capacités intellectuelles de ceux qui l’exécutent, jamais je n’eus décelé cette pourriture qui mine le cœur des autres. Sans cet ennui qui m’accompagne en ce lieu, comme en tant d’autres d’ailleurs, je pourrais sans doute m’intégrer à cet amas de bestiaux au regard vitreux, sifflant du Michel Sardou en travaillant pour paraître plus joyeux que le voisin. Je pourrais sûrement comprendre d’où vient cet étrange phénomène qui fait que tous doivent être gentils entre eux pour pouvoir travailler convenablement. Mais enfin, suis-je donc le seul à être plus concentré si l’abruti de derrière s’arrête de chanter aussitôt qu’il prend un coup de mon parapluie derrière le crâne ?

Cet acte, aussi violent soit-il et me devant des remontrances de toutes et tous laisse tout de même échapper à ceux qui défendent l’abruti en question un profond soupir de pouvoir enfin travailler dans le calme.

 

Je désespère qu’un jour je puisse au moins comprendre ses vivants qui gravitent dans le même système que moi. Je me défend de vouloir en faire partie et pourtant j’aimerais posséder cette faible considération de la vie qui leur fait accepter leur situation sociale sans coup férir.

Leur air morose ressemble plus à de la résignation qu’à un début de révolte car ils savent qu’en étant le premier à laisser libre court à ses velléités révolutionnaires, on est seul face à un mur et qu’il faut bon nombre de martyrs pour que la masse se soulève. Alors ils attendent le sacrifice d’un autre qui ne vient jamais, ou qu’ils ne remarquent pas parce qu’ils n’y croient pas plus qu’au Père Noël. Le monde avance, ils le suivent doucement au pas en regardant leurs pieds et ne se rendent pas compte que le monde avance bien plus vite. En relevant la tête quand vient le moindre répit, ils pressent un peu le pas mais comprennent qu’on ne les a pas attendus.

Alors, certains tentent de courir, en pensant que peut-être le monde finira par faire une pause et les laissera revenir un peu ; ils se couvrent de ridicule en essayant d’attraper ce qui est déjà hors de portée. D’autres s’arrêtent purement et simplement, faisant croire que c’est volontaire et se complaisant dans leur stagnation, leur vie s’apparentant plutôt à un musée ou une photo jaunie d’une époque que l’on sait révolue.

Tous sont rongés par la frustration d’avoir raté le train, l’ennui fait place à l’aveuglement, seul rempart pour garder un peu d’espoir et peut-être croiser quelqu’un de perdu dans les même méandres nostalgiques ou modernistes, ou tout simplement décalés.

Peut-être que ces pages sont mon aveuglement ou mon symbole d’espoir. Espérant par votre regard obtenir un peu de chaleur humaine et de reconnaissance d’êtres tout aussi perdus que moi, j’exprime une vérité présente en chacun de nous mais que nous ne voyons que chez les autres. Belle considération de l’autre, incapable de voir chez lui ce que nous nous cachons avec tout autant de conviction.

 

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8 décembre 2011 4 08 /12 /décembre /2011 13:26

NOTE : Ce texte a été écrit il y a quelques années. Ma situation a quelque peu changé (à savoir que je ne manque de rien aujourd'hui, sur les sujets qui me préoccupaient ci-dessous). Et puis, puisqu'il s'agit de ça, mon boulot à changé surtout, et c'est pour le mieux, comme vous pourrez le voir :

 

 

I / L’ENNUI

 

Ainsi, c’est l’Ennui qui me guide, me fait tenir entre ses bureaux. Je m’ennuie car aujourd’hui je manque de tout : de but, d’amis, d’occupation, de calme.

Mais pire que tout, j’ai peur que bientôt, alors que ma vie sera bien remplie (en tout cas je l’espère), l’ennui ne me manque.

Mais comment s’occuper quand un travail nécessite, malheureusement, bien moins que ses capacités, et qu’ainsi, les heures de travail acharné de certains se réduisent pour soi à quelques quarts d’heure que l’on tente d’éparpiller sur ses trop longues journées.

 

C’est fou ce qu'Internet semble surfait quand après quelques jours on retombe désespérément sur les mêmes pages des mêmes sites. Encore et encore.

Alors, délaissant la fenêtre de l’ordinateur que l’on use bien moins que d’autres, on observe à travers l’autre, les nuages qui masquent un ciel trop bleu ou qui couvrent, sombres, toute la voûte de la ville.

Enfin, le constat est le même, un nuage reste un nuage ; et le ciel n’est beau que parce qu’on ne le regarde vraiment que très rarement, à des occasions et des moments de sa vie qui sont déjà beaux sans ce cadre bleu. Mais bon, c’est une couleur qui convient aux bons moments, ça tombe bien.

 

Parfois, un gloussement anonyme au milieu de ce tumulte silencieux réveille les agents endormis, et les autres.

Parfois même, on préfèrerait s’ennuyer un peu plus et éviter ses éclats de voix aussi inutiles qu’une parka en vacances au Maroc et qui sont autant de preuves de la bêtise humaine à un trop bas niveau.

Le bureau ne vit pas, il a des soubresauts dans son sommeil. Le plus souvent, il ronronne avec des agents qui font leur boulot à leur rythme, trop lent, épiés par une hiérarchie figée par son incompétence.

Et à se voir trop seul au milieu de ces veaux, on imagine que certains d’entre eux doivent ressentir la même lassitude. On se rapproche de certains en pensant qu’ils comprendront la situation, mais rien n’y fait. Ils se défilent, ne veulent pas s’intéresser aux autres collègues, prennent leurs distances. Alors peut-être je ne mérite pas de cette amitié, de cet amour d’un autre sous prétexte que l’on s’est rencontré au milieu d’un bureau.

Peu importe, la solitude a de bien qu’elle a beau se donner à beaucoup, elle reste désespérément fidèle.

Le temps est mon ennemi et je ne peux rien contre lui. Il en reste toujours trop à tuer avant le départ.

Comment peuvent ils trouver à s’occuper tout ce temps et encore trouver le moyen de se plaindre qu’ils en manquent ?

 

Serait-ce la quatrième fois que le garçon du courrier passe aujourd’hui ? Voilà de quoi m’occuper demain. Je guetterais son arrivée tout au long de la journée.

Le salaire est décidément incroyablement haut pour ce qui se fait ici.

Finalement ici c’est comme chez les fourmis : 1/3 travaille efficacement, 1/3 font des conneries rattrapées par le premier tiers et 1/3 ne fait rien.

Rien de rien, et tout le monde s’en fout.

Il semblerait que même la hiérarchie voit dans les glandeurs d’excellents travailleurs, rapides, ayant du temps en trop. En fait pour ceux-là, tout temps de travail est en trop et ils l’occupent comme ils peuvent, en toute discrétion. Ils ne trompent personne, mais on les remercient non pas de ne rien faire, mais de faire l’effort d’essayer de le cacher. Maigre consolation dont se contente très bien les chefaillons, eux aussi fatigués, et qui veulent plus que toute chose que le calme règne sur le plateau dont ils ont la charge.

 

...

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8 décembre 2011 4 08 /12 /décembre /2011 00:01

Ceci n’intéressera sûrement personne.

Je n’ai pas un grand nom, une carrière, ni même un physique.

Ceci est pour qui ne voudrait rien. Pas un roman, pas un suspense à couper au couteau, pas une histoire d’amour qui se finit bien. Je ne sais pas comment cela finit vraiment.

Est-ce que cela finit un jour ?

Est-ce que j’ai droit à un toujours ?

Peu importe.

Je me raconte sans arrière pensée, sans lecteur potentiel (à part ma mère), sans savoir si j’irais jusqu’à 50, 100, 500 pages, ou si j’en atteindrais péniblement deux.

Lisez ce que vous voulez, partez de n’importe quelle page, pour arriver n’importe où.

Ceci n’a pas vocation à avoir un début, un milieu et une fin. Juste un fil.

Soyez comme un ami, ou juste une connaissance. Prenez ceci au vol, à n’importe quel instant et laissez-vous porter, accompagnez.

 

Je ne sais pas ou j’amène tout ceci, je crois que moi aussi je prends le train en marche. Tout ceci aurait du être fait il y a bien longtemps. Avant.

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