Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
1 octobre 2012 1 01 /10 /octobre /2012 00:01

Ce vendredi était un jour particulier.

Ce vendredi, cela faisait 10 ans jour pour jour que j'avais fait la promesse la plus improbable de ma vie : donner rendez-vous à une camarade de classe de 17 ans de l'inviter 10 ans plus tard dans le resto auprès duquel on se trouvait alors.

 

Pour ceux qui ne connaîtraient pas l'histoire, cet endroit particulier est un banc en bord de Seine d'où l'on profite au mieux de la vue sur Notre-Dame après avoir pris une glace chez Berthillon tout près de là.

Surtout, ce banc se trouve juste en dessous du pont de la tournelle et le restaurant en question se trouve donc être : La Tour d'Argent

 

10 ans plus tard, donc, me voici avec ma rose rouge comme promis (+10 pour les années passées), pour retrouver cette jeune fille, depuis devenue ma femme. Et oui, ce plan drague-là a l'air plutôt efficace pour la seule fois où je l'ai tenté.

 

En 10 ans, j'ai réussi à avoir les moyens, aussi, de respecter ma promesse.

Nécessitant de sacrifier quelques restaurant pour profiter de celui-ci (bon une bonne dizaine de bons restos quand même, voir le tarif plus bas).

 

Première chose : Difficile de se sentir dans son élément avec ce cadre. On le sent même depuis l'extérieur et depuis qu'on a vu sur le site ainsi que dans la confirmation de réservation par mail qu'il faudra porter obligatoirement une veste pour pouvoir manger le soir.

 

On gare donc nous-même la Clio II un peu fatiguée (on a pas réussi à se convaincre de la confier au voiturier) et on débarque gentiment avec quelques minutes d'avance sur l'heure de la réservation.

 

Pas moins de 6 personnes se seront déjà occupées de nous avant que l'on soit assis à notre table.

Comme prévu, le cadre et la vue sont magnifiques mais on se sent un peu engoncés dans des attitudes qui ne sont pas naturelles, posés côte-à-côte à une table face à Notre-Dame, pour ma part un peu coincé dans ma veste que je n'ai pas tellement l'habitude de garder une fois assis pour manger...

 

On apprécie le charme un peu désuet des cartes différenciées entre monsieur et madame, madame n'ayant bien évidemment pas les prix et moi frissonnant en voyant son doigt passer sur le caviar de Sologne ou autres mets destinés à une bourgeoisie dont on ne se sent vraiment pas faire partie, malgré notre présence ici.

 

Ah bah non, pas de frisson ! J'ai dit que j'avais les moyens, j'assume !

 

Finalement, et pour être sûr de profiter de ce que le restaurant fait de mieux, on prendra deux grands menus (en 7 services + les accompagnements de l'apéritif et l'amuse-bouche initial du grand menu soit 9 assiettes !).

 

C'est en voyant arriver la carte des vins qu'on constate une chose : il est indispensable d'avoir été haltérophile professionnel pour espérer travailler comme sommelier à la tour d'argent : un dictionnaire arrive sur la table, et on fatigue rien qu'à essayer de maintenir le bestiau ouvert.

 

Si vous vous souvenez bien, on est en voiture, on se rabattera donc sur deux demi-bouteille (un blanc et un rouge, quand même, on est pas des bêtes) que madame ne fera que gouter pour pouvoir ramener tout le monde en un seul morceau.

 

Résultat, moyennant l'équivalent d'un menu supplémentaire, ce sera (après conseil du Sommeleir quand même) :

Demi-bouteille Puligny Montrachet 1992

Demi-bouteille château Haut Marbuzet 2003 (Saint Estèphe)

 

Qui accompagneront donc, à un rythme soutenu (et une quantité largement suffisante, surprenant pour 7 services) :

Une quenelle de brochet

Du Foie Gras truffé avec une gelée au Porto et une gélée au Sauternes + une brioche au beurre salée

Une Bisque "Café Anglais" (avec des vrais morceaux dedans)

Un morceau de Caneton de saison

Du Brie de Melun fermier et du Bleu avec des fruits secs au miel

Des Poires '"Vie Parisienne"

Des Crepes "Belle Epoque"

 

Il faut être clair : On est pas dans un 2 ou 3 étoiles, non. On est dans un 1 Etoile, ce qui suffit largement pour avoir des plats délicieux et (ce qui nous a surpris) pas de fioritures, pas de suffisance.

 

On s'attendait à un restaurant qui se prend pour un 3 étoiles ce qui n'est pas le cas.

On s'attendait à un personnel hautain, là aussi, non plus.

On s'attendait à passer une bonne soirée, et ce fut le cas.

 

A plus de 600 euros pour deux, ça ne deviendra pas notre cantine officielle, c'est évident.

Mais l'occasion était belle et la soirée le fût tout autant.

 

 

Partager cet article

Repost 0
Published by SZ - dans Divers
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Omega - Le Z
  • Omega - Le Z
  • : Ceci n’a pas vocation à avoir un début, un milieu et une fin. Juste un fil. Soyez comme un ami, ou juste une connaissance. Prenez ceci au vol, à n’importe quel instant et laissez-vous porter, accompagnez.
  • Contact

Pages

Catégories