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8 décembre 2011 4 08 /12 /décembre /2011 13:26

NOTE : Ce texte a été écrit il y a quelques années. Ma situation a quelque peu changé (à savoir que je ne manque de rien aujourd'hui, sur les sujets qui me préoccupaient ci-dessous). Et puis, puisqu'il s'agit de ça, mon boulot à changé surtout, et c'est pour le mieux, comme vous pourrez le voir :

 

 

I / L’ENNUI

 

Ainsi, c’est l’Ennui qui me guide, me fait tenir entre ses bureaux. Je m’ennuie car aujourd’hui je manque de tout : de but, d’amis, d’occupation, de calme.

Mais pire que tout, j’ai peur que bientôt, alors que ma vie sera bien remplie (en tout cas je l’espère), l’ennui ne me manque.

Mais comment s’occuper quand un travail nécessite, malheureusement, bien moins que ses capacités, et qu’ainsi, les heures de travail acharné de certains se réduisent pour soi à quelques quarts d’heure que l’on tente d’éparpiller sur ses trop longues journées.

 

C’est fou ce qu'Internet semble surfait quand après quelques jours on retombe désespérément sur les mêmes pages des mêmes sites. Encore et encore.

Alors, délaissant la fenêtre de l’ordinateur que l’on use bien moins que d’autres, on observe à travers l’autre, les nuages qui masquent un ciel trop bleu ou qui couvrent, sombres, toute la voûte de la ville.

Enfin, le constat est le même, un nuage reste un nuage ; et le ciel n’est beau que parce qu’on ne le regarde vraiment que très rarement, à des occasions et des moments de sa vie qui sont déjà beaux sans ce cadre bleu. Mais bon, c’est une couleur qui convient aux bons moments, ça tombe bien.

 

Parfois, un gloussement anonyme au milieu de ce tumulte silencieux réveille les agents endormis, et les autres.

Parfois même, on préfèrerait s’ennuyer un peu plus et éviter ses éclats de voix aussi inutiles qu’une parka en vacances au Maroc et qui sont autant de preuves de la bêtise humaine à un trop bas niveau.

Le bureau ne vit pas, il a des soubresauts dans son sommeil. Le plus souvent, il ronronne avec des agents qui font leur boulot à leur rythme, trop lent, épiés par une hiérarchie figée par son incompétence.

Et à se voir trop seul au milieu de ces veaux, on imagine que certains d’entre eux doivent ressentir la même lassitude. On se rapproche de certains en pensant qu’ils comprendront la situation, mais rien n’y fait. Ils se défilent, ne veulent pas s’intéresser aux autres collègues, prennent leurs distances. Alors peut-être je ne mérite pas de cette amitié, de cet amour d’un autre sous prétexte que l’on s’est rencontré au milieu d’un bureau.

Peu importe, la solitude a de bien qu’elle a beau se donner à beaucoup, elle reste désespérément fidèle.

Le temps est mon ennemi et je ne peux rien contre lui. Il en reste toujours trop à tuer avant le départ.

Comment peuvent ils trouver à s’occuper tout ce temps et encore trouver le moyen de se plaindre qu’ils en manquent ?

 

Serait-ce la quatrième fois que le garçon du courrier passe aujourd’hui ? Voilà de quoi m’occuper demain. Je guetterais son arrivée tout au long de la journée.

Le salaire est décidément incroyablement haut pour ce qui se fait ici.

Finalement ici c’est comme chez les fourmis : 1/3 travaille efficacement, 1/3 font des conneries rattrapées par le premier tiers et 1/3 ne fait rien.

Rien de rien, et tout le monde s’en fout.

Il semblerait que même la hiérarchie voit dans les glandeurs d’excellents travailleurs, rapides, ayant du temps en trop. En fait pour ceux-là, tout temps de travail est en trop et ils l’occupent comme ils peuvent, en toute discrétion. Ils ne trompent personne, mais on les remercient non pas de ne rien faire, mais de faire l’effort d’essayer de le cacher. Maigre consolation dont se contente très bien les chefaillons, eux aussi fatigués, et qui veulent plus que toute chose que le calme règne sur le plateau dont ils ont la charge.

 

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Published by Omega - dans Ceci...
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